
La grossophobie et les remarques sur le poids font encore partie du quotidien de nombreuses personnes. En tant que diététicienne, je constate dans ma pratique combien ces paroles peuvent influencer l’image corporelle, la relation à l’alimentation et l’estime de soi.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’obésité, j’ai créé un livret de sensibilisation destiné au grand public autour d’un sujet encore trop peu abordé : la grossophobie.
En tant que diététicienne, je suis régulièrement confrontée à l’impact que peuvent avoir les remarques sur le poids, les jugements sur l’alimentation et les commentaires sur l’apparence. Au fil de ma pratique professionnelle et de mes recherches, j’ai réalisé à quel point ces paroles, souvent banalisées, peuvent profondément marquer les personnes qui les reçoivent.
À travers cet article, j’aimerais inviter chacun à prendre un moment pour réfléchir à nos mots et à nos attitudes face au poids et aux corps.
Qu’est-ce que la grossophobie ?
La grossophobie désigne l’ensemble des attitudes, propos ou comportements qui stigmatisent ou discriminent les personnes en surpoids ou grosses.
Elle peut prendre différentes formes :
- remarques sur le poids ou l’apparence
- conseils alimentaires non sollicités
- blagues ou moqueries
- jugements sur la santé ou le mode de vie d’une personne.
Bien souvent, ces commentaires ne sont pas prononcés avec l’intention de blesser. Ils peuvent même être présentés comme des conseils ou de l’inquiétude pour la santé. Pourtant, leur impact peut être réel et durable.
Dans notre société, où la minceur est souvent valorisée comme une norme, il est facile de reproduire inconsciemment certains jugements.
C’est pourquoi il peut être utile de se poser quelques questions avant de faire une remarque :
- Mon commentaire est-il vraiment utile ?
- Est-il bienveillant et respectueux ?
- Est-ce que je dirais cela à quelqu’un que j’aime ?
Les remarques sur le poids peuvent laisser des traces
Dans mon travail de diététicienne, j’entends souvent des personnes raconter des souvenirs de remarques faites sur leur corps : parfois par des proches, parfois à l’école, parfois même dans des contextes médicaux.
Avec le temps, ces commentaires peuvent contribuer à :
- une image corporelle négative
- de la culpabilité liée à l’alimentation
- une perte de confiance en soi
- une relation compliquée avec la nourriture ou l’activité physique.
Il est important de rappeler que le poids est influencé par de nombreux facteurs : génétiques, environnementaux, psychologiques, sociaux et médicaux. Réduire une personne à son poids est donc simpliste et injuste.
Pourquoi il est essentiel de protéger les enfants des commentaires sur leur corps
Les enfants et les adolescents sont particulièrement sensibles aux messages qu’ils reçoivent sur leur corps.
Les moqueries, comparaisons ou remarques sur le poids peuvent influencer durablement :
- leur estime d’eux-mêmes
- leur relation à l’alimentation
- leur rapport au mouvement
- leur image corporelle.
Soutenir un enfant sans grossophobie, c’est lui offrir un espace de sécurité, d’écoute et de respect, quel que soit son corps.
Peut-on être grossophobe sans le vouloir ?
La réponse est souvent oui.
Nous avons tous grandi dans une société où les corps sont constamment commentés, comparés et jugés. Il est donc possible de reproduire certains réflexes sans en avoir conscience.
Prendre du recul sur nos paroles et nos attitudes est déjà un premier pas.
Par exemple :
- éviter de commenter le poids d’une personne
- ne pas juger ce qu’une personne mange
- ne pas féliciter automatiquement une perte de poids.
Ces petits changements peuvent sembler anodins, mais ils participent à créer un environnement plus respectueux et plus bienveillant.
Tous les corps méritent le respect
Un message important que j’avais envie de transmettre à travers mon livret et cet article est simple :
Les corps ne sont pas des problèmes à résoudre.
La grossophobie ne motive pas, elle fragilise. Elle peut nuire à la santé mentale, au bien-être et parfois même à l’accès aux soins.
Changer les mentalités demande du temps, mais chacun peut contribuer à son échelle.
Un mot de moins sur le corps des autres,
un peu plus d’écoute,
un peu plus de bienveillance.
Et surtout, se rappeler que la valeur d’une personne ne dépend jamais de son apparence ou de son poids
Si vous sentez que c’est le bon moment pour prendre soin de vous, de votre alimentation et de votre bien-être global, nous pouvons en parler ensemble lors d’un premier contact.
- Prise de rendez-vous par téléphone au 07 69 58 18 03.
- Si je ne réponds pas tout de suite, je vous rappelle dès que possible.
